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Rendez-vous
06/02/2018

Le 6 février, Journée internationale pour l’élimination des mutilations sexuelles féminines : sur le terrain et en images, la lutte continue

La pratique néfaste et archaïque des mutilations sexuelles féminines (MSF), définit par l’ONU comme « l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales » se poursuit dans le monde. Selon le dernier rapport de l’UNICEF, aujourd’hui, plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes sont excisées, et 3 millions de filles, dont la majorité de moins de 15 ans, sont à risque chaque année. Sans aucune justification religieuse ou médicale, les MSF provoquent des douleurs parfois insupportables et des problèmes de santé tels que des infections, l’infertilité ou encore des complications à l’accouchement et des risques plus élevés de décès pour les nouveau-nés.

Pour mettre fin à cette pratique brutale qui reflète une inégalité profondément enracinée entre les sexes, des organisations à travers le monde, ainsi que des réalisateurs qui souhaitent mettre en évidence ce sujet, se mobilisent et focalisent leurs actions sur la prévention ainsi que sur la sensibilisation.

Les associations s’engagent

En France, Excision, parlons-en a lancé sa campagne Alerte Excision en 2017 pour prévenir et protéger les adolescentes issues des migrations en France, qui, à l’occasion des vacances dans le pays d’origine, risquent de subir une mutilation sexuelle féminine. En 2018, la campagne va encore plus loin, en créant un tchat numérique pour que les jeunes puissent faire part de leurs doutes en toute sécurité et de façon anonyme.

Autre initiative innovante, la Maison des Femmes à Saint-Denis offre, dans une même structure, une écoute et un accompagnement unique et global, non seulement médical, mais aussi psychologique, émotionnel, psychique et corporel pour des femmes en grande vulnérabilité et pour 14% d’entre elles, ayant été victimes d’excision.

Au UK, depuis 2010, Birmingham & Sollihul Women’s Aid accompagne les femmes victimes de MSF avec une approche pluridisciplinaire : en les apportant un soutien légaux, médical, ainsi que psychologique.

Les réalisateurs mettent en lumière cette pratique brutale et les conséquences

Au-delà du travail essentiel mis en place par les associations, le monde de l’audiovisuel se penche aussi sur ce sujet au travers de documentaires ou de films qui montrent la brutalité de la pratique, ainsi que les effets et conséquences sur les vies des victimes :

  • Excision, le plaisir interdit, 2017 (Documentaire français)

Pour son dernier documentaire en tant que réalisatrice, Mireille Darc est allée à la rencontre de femmes victimes d’excision vivant en France et met en lumière leurs témoignages poignants et bouleversants : « Je suis sortie de l’innocence pour entrer dans la violence, la barbarie de la vie ».

  • Jaha’s Promise, 2017 (Documentaire américain)

Jaha Dukureh trouve le courage de retourner en Gambie pour partager son histoire et sensibiliser les femmes de sa communauté aux risques des MSF, après avoir été excisée quand 15 ans et puis mariée de force.

  • A Girl From Mogadishu, 2018 (Film)

Ce film biographique retrace le parcours de l’activiste Ifrah Ahmed (jouée par Aja Naomi King), jeune femme somalienne qui a émigré en Irlande à l’adolescence après avoir été victime d’une double excision. Ifrah gardera un souvenir traumatisant de cet acte et passera sa vie à lutter contre cette pratique auprès du gouvernement somalien et des organisations internationales. 

A voir, à lire
22/12/2017

Les briseuses de silence : les femmes à l’origine d’une révolution

La couverture du magazine « Time » parut le 6 décembre 2017, BILLY & HELLS/AFP
 

Le 6 décembre dernier, le magazine américain Time a rendu hommage à toutes les femmes fortes et courageuses qui ont osé briser le silence autour du harcèlement sexuel. Les « Silence Breakers » sont la « personnalité » de l’année 2017. Pour cette édition, le magazine n’a pas choisi une personne mais un mouvement, représenté en couverture par des femmes ayant eu le courage d’élever leurs voix et de partager leurs histoires en racontant ce qu’elles ont vécu, parfois depuis des années : du « comportement coercitif » de Harvey Weinstein à la culture de la « fraternité » chez Uber en passant par les révélations de scandales de harcèlement sexuel au sein du gouvernement de l’Etat de Californie. Ces femmes inspirantes et les millions d’autres qui ont rejoint le mouvement, ont déclenché l’un des changements culturels les plus impressionnants au cours des 50 dernières années provoquant un raz-de-marée sans égal : des PDG ont été destitués, des icônes sont tombées de leurs piédestaux et dans certains cas, des accusations criminelles ont été portées.

 

 « Pour avoir donné une voix à des secrets de Polichinelle, pour être passé du réseau des chuchotements aux réseaux sociaux, pour nous avoir tous poussés à arrêter d’accepter l’inacceptable, les briseuses de silence sont la personnalité de l’année » souligne le rédacteur en chef de Time, Edward Felsenthal

 

#MeToo, #BalanceTonPorc, #YoTambien, ces nombreux hashtags sans principes unificateurs, ont mis en lumière une réalité trop longtemps considérée comme acceptable dans nos sociétés, celle du harcèlement sexuel. Les femmes n’ont pas seulement subi des agressions physiques ou été les cibles de commentaires obscènes, elles ont été victimes d’un sentiment de honte qui les ont poussées à croire en quelque sorte que c’était leur faute : « Est-ce que je l’ai laissé entendre ? Aurais-je pu faire quelque chose pour l'arrêter ? Est-ce que j’exagère ? » ainsi que de la peur de parler, de perdre leur emploi. Ces initiatives nationales lancées sur les réseaux sociaux se sont propagées rapidement et ont provoqué un véritable déferlement médiatique qui ne semble pas s’affaiblir, bien au contraire.

« Si une femme est assez forte pour se lever et raconter son histoire et que vous n’êtes pas encore prête à le faire… le simple fait d’utiliser le #MeToo est impactant » Tarana Burke, directrice des programmes au Girls for Gender Equity et fondatrice du mouvement #MeToo.

Découvrez les témoignages poignants des Silences Breakers ici.

 



Zoom sur
19/12/2017

"Sauver des vies en mer", un reportage saisissant par Human Rights Watch

Crédit photo : Des secouristes de SOS MEDITERRANEE aident une Somalienne à se hisser de leur bateau gonflable à coque rigide (RHIB) sur l'Aquarius. 11 octobre 2017 ANTHONY JEAN/SOS MEDITERRANEE

 

Depuis bientôt 3 ans, des milliers d’hommes et de femmes traversent la méditerranée en quête d’un avenir meilleur. Ce trajet est la route migratoire la plus meurtrière du monde, selon Human Rights Watch, avec plus de 15 000 décès en mer déclarés depuis 2014. En 2017, près de 3 000 personnes ont disparu ou, ont perdu la vie en essayant de traverser la mer. Cependant, le fait que des milliers de personnes soient prêtes à risquer leur vie témoigne de leur désespoir et leur détermination à fuir la famine, la répression, les violences de pratiques traditionnelles néfastes et les autres difficultés dans leurs pays d’origine.

Judith Sunderland, Directrice adjointe de la Division Europe et Asie Centrale de Human Rights Watch raconte son voyage en octobre dernier à bord de l’Aquarius, navire de l’organisation humanitaire SOS Méditerranée.

« Pendant 10 longues journées début octobre, je me suis demandé si nous ferions le moindre sauvetage. Je ne souhaitais pas que des gens soient en danger, mais je souhaitais que notre navire soit là pour les aider s'il y en avait. Puis l'Aquarius a secouru 606 personnes en 36 heures. »

 

Vous voulez apporter votre pierre à l’édifice en soutenant Human Rights Watch ? Faites un don ici

 

Pour lire la suite de ce reportage saisissant, cliquez ici

 

 



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