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22/12/2017
Les briseuses de silence : les femmes à l’origine d’une révolution

La couverture du magazine « Time » parut le 6 décembre 2017, BILLY & HELLS/AFP
 

Le 6 décembre dernier, le magazine américain Time a rendu hommage à toutes les femmes fortes et courageuses qui ont osé briser le silence autour du harcèlement sexuel. Les « Silence Breakers » sont la « personnalité » de l’année 2017. Pour cette édition, le magazine n’a pas choisi une personne mais un mouvement, représenté en couverture par des femmes ayant eu le courage d’élever leurs voix et de partager leurs histoires en racontant ce qu’elles ont vécu, parfois depuis des années : du « comportement coercitif » de Harvey Weinstein à la culture de la « fraternité » chez Uber en passant par les révélations de scandales de harcèlement sexuel au sein du gouvernement de l’Etat de Californie. Ces femmes inspirantes et les millions d’autres qui ont rejoint le mouvement, ont déclenché l’un des changements culturels les plus impressionnants au cours des 50 dernières années provoquant un raz-de-marée sans égal : des PDG ont été destitués, des icônes sont tombées de leurs piédestaux et dans certains cas, des accusations criminelles ont été portées.

 

 « Pour avoir donné une voix à des secrets de Polichinelle, pour être passé du réseau des chuchotements aux réseaux sociaux, pour nous avoir tous poussés à arrêter d’accepter l’inacceptable, les briseuses de silence sont la personnalité de l’année » souligne le rédacteur en chef de Time, Edward Felsenthal

 

#MeToo, #BalanceTonPorc, #YoTambien, ces nombreux hashtags sans principes unificateurs, ont mis en lumière une réalité trop longtemps considérée comme acceptable dans nos sociétés, celle du harcèlement sexuel. Les femmes n’ont pas seulement subi des agressions physiques ou été les cibles de commentaires obscènes, elles ont été victimes d’un sentiment de honte qui les ont poussées à croire en quelque sorte que c’était leur faute : « Est-ce que je l’ai laissé entendre ? Aurais-je pu faire quelque chose pour l'arrêter ? Est-ce que j’exagère ? » ainsi que de la peur de parler, de perdre leur emploi. Ces initiatives nationales lancées sur les réseaux sociaux se sont propagées rapidement et ont provoqué un véritable déferlement médiatique qui ne semble pas s’affaiblir, bien au contraire.

« Si une femme est assez forte pour se lever et raconter son histoire et que vous n’êtes pas encore prête à le faire… le simple fait d’utiliser le #MeToo est impactant » Tarana Burke, directrice des programmes au Girls for Gender Equity et fondatrice du mouvement #MeToo.

Découvrez les témoignages poignants des Silences Breakers ici.